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" Deux femmes ", Moscou,
2004.
La vie urbaine
propose aux êtres humains des moments de proximité
et parfois même d'intimité. Que faisons nous de
ces hasards, de ces rencontres inattendues ?
Dans le brouhaha de la ville, nous ne nous apercevons parfois
plus de cette dimension plus poétique, qui échappe
à la routine, au flux incontrôlable des individus.
Porter un regard neuf et curieux sur ce qui nous entoure, grâce
à la photographie ou grâce à des petits moments
volés de contemplation, peut transformer
un environnement morose en un terrain propice à de nouvelles
explorations.
Cette photographie
est prise comme un instant de poésie, un instant qui offre
réflexion et pistes d'imagination.
Deux femmes sont assises côte à côte. Tout
les différencie, tout les rapproche en un mélange
savoureux de contrastes. Grâce à leurs différences,
nous pouvons interroger la question des générations
et de leurs relations entre elles. Quelle place est donnée
aujourd'hui aux personnes âgées,
quand elles ont été et sont encore dans d'autres
sociétés reconnues comme étant les fondements
de la société ? On peut également se demander
qui sont les dépositaires de la mémoire aujourd'hui
et sous quelle forme notre mémoire collective est préservée
et cultivée ? Quelle transmission est
aujourd'hui proposée de nos histoires et de notre Histoire
vers les plus jeunes générations?
Nous pouvons aussi questionner, à travers cette image,
les codes vestimentaires et corporels. Quelle évolution
ont-ils ?
Quelle est l'influence de la mode aujourd'hui? Quels phénomènes
engendre t-elle ?
La photographie
est un point de départ, soit pour ces réflexions
citoyennes, soit pour laisser libre cours à son imagination
: Qui sont ces femmes ?
Qui sont elles l'une pour l'autre ? Où vont elles ? Puis
chacun pourra tirer le fil de sa propre imagination et construire
une histoire singulière. |
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" Sans titre", 2003.
Série
réalisée dans le cadre de la mission photographique
du conseil général du 93 : " Résonances
industrielles ".
Cette photographie
fait partie d'une série d'image où je me suis attachée
à confronter un homme seul et nu à l'espace d'une
friche industrielle :
un lieu abandonné des hommes, en marge de l'activité
de la société.
Le lieu de la friche devient un lieu d'histoire, porteur de mémoire
mais c'est aussi un lieu qui entre dans une nouvelle temporalité,
distendue,
qui invite à la réflexion et à la contemplation.
La nudité de l'homme rappelle son état naturel
et premier , " dans le plus simple appareil ",
et permet de confronter sa dimension fragile à l'ampleur
de ce qu'il a construit et qui le dépasse.
Je montre un homme qui se cherche, qui cherche son utilité
dans un lieu qui a perdu son utilité. Faire de ce lieu
abandonné et voué à la destruction
le cadre éphémère de mes questionnements,
me permet aussi de révéler ce décor extraordinaire,
synonyme pourtant de la déchéance industrielle.
Cette photographie
est un champ propice à l'imagination. Chacun peut inventer
le parcours qui a amené cet homme jusqu'ici et même
s'interroger sur sa nature :
exclu de la société ou elfe urbain ? De la même
façon, le décor peut être vu sous un angle
ordinaire, historique et social aussi bien qu'extraordinaire,
fantaisiste ou loufoque
D'un point de vue citoyen, nous pouvons réfléchir
autour de la gestion des déchets (objets mais aussi constructions),
de respect de la planète, des conséquences de nos
actes quotidiens sur un avenir proche et lointain. Cette photographie
recueille également les traces d'un environnement passé
de travail : l'usine. Toute une réflexion autour du travail
et de ses conditions et buts peut être également
menée. |