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LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT |
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Mémoire
d'avenir n°5
Issue d'un
ensemble de 10 série sur le même thème, cette
pièce renvoie d'abord à la transmission de la mémoire
entre les générations
et à la façon dont les plus jeunes s'emparent (ou
pas) de l'expérience des plus âgées. Réalisé
en 1995, alors que la guerre - dans une Europe
que l'on croyait pacifiée - dévastait une partie
des Balkans, ce travail interroge la notion de paix, comment
peut-elle être préservée,
comment les générations montantes peuvent-elles
la défendre, sans jamais oublier qu'elle n'est pas acquise
mais construite jour après jour
Dans le même temps, je questionne l'essor industriel des
pays occidentaux et la notion de travail par un regard sur le
monde de la mine et des mineurs.
Ils ont permis ce développement en extrayant du sol cette
énergie fossile qui a soutenu la révolution industrielle
du XIXème siècle
et entraîné le confort actuel des sociétés
économiquement développées. Le monde de
la mine concerne un grand nombre de professions différentes,
et à ce titre me semblait symboliser très justement
le monde du travail.
Depuis que le pétrole a pris le relais du charbon tombé
en désuétude le pays minier est sinistré
et les jeunes générations laissées pour
compte.
Ce sont elles que j'ai voulu interroger sur leur vision de l'avenir,
à partir de ce que leur avait légué les
générations de mineurs, et la présence de
soldats
tombés sur leur sol qui est jalonné de cimetières
militaires aux dimensions impressionnantes - qu'ils datent de
la première ou de la seconde guerre mondiale
Parce que le noir et blanc crée une distance qui me semble
effacer le contingent dans le portrait, atténuer les défauts
de la peau,
je l'ai préféré pour les humains - qu'ils
aient vécu la guerre ou travaillé à la mine
(parfois les deux). Parce que la couleur nous en dit plus sur
l'aspect
et la matière même des objets, je l'ai préférée
pour les choses (témoins de la guerre ou du travail).
Parce que l'histoire n'a pas encore fait le tri
des objets de leur époque, c'est la parole des jeunes
que j'ai voulu mettre en lumière
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Mes petits morceaux de madeleines -
L'artichaut.
Composée
de 36 pièces, cette série réalisée
en 1996 questionne notre rapport à la nourriture et les
comportements sociaux qui lui sont liés.
Les rapports à la nourriture ont influencé les
attitudes humaines depuis les origines ( civilisations de chasseurs,
cueilleurs, éleveurs puis agriculteurs
et maintenant de consommateurs
). Ils sont au cur
des mythes, des rites, des interdits et des croyances particuliers
selon les époques, l
es civilisations et les religions. Ils nous imposent parfois
des codes et des choix, dictent nos préférences
.
Devant ce fossé qui se creuse entre producteurs - majoritairement
industriels aujourd'hui, et consommateurs qui perdent parfois
tout contact
avec l'origine des produits alimentaires et avec la notion de
ce qui est bon pour leur organisme, j'ai eu envie d'interroger
ma propre mythologie
concernant les saveurs et les odeurs. J'ai cherché à
raviver les souvenirs qui leur sont associés et des fragments
d'enfance sont remontés à la surface,
des émotions enfouies, des moments de détresse
ou de bonheur
Notre relation aux aliments conditionne non seulement les rapports
que nous entretenons avec notre propre corps et l'image que nous
en avons (son aspect, sa santé
)
mais également une grande partie de nos rapports familiaux
(liens intergénérationnels) et sociaux (cultiver
ses fruits et légumes, préparer et partager ses
repas, respecter des obligations religieuses sont au cur
d'échanges et de transmissions de savoirs et d'émotions).
A une époque où la publicité et les industriels
nous dictent largement nos choix alimentaires, il me semble bon
de les interroger
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